"Il faut renforcer les fondations sur lesquelles cette maison est construite", a déclaré le président du Conseil l'ambassadeur thaïlandais Sihasak Phuangketkeow en ouvrant la première session du groupe de travail chargé d'examiner le fonctionnement de l'organe de l'ONU.
"Il n'y a pas besoin de réinventer la roue, mais il faut tirer les leçons du travail accompli et saisir cette opportunité pour combler les lacunes", a déclaré la Haut Commissaire adjointe aux droits de l'homme Mehr Khan-Williams.
Elle a souhaité que le Conseil soit "plus proche des victimes" et suggéré à cet égard que l'organe de l'ONU tienne une de ses sessions annuelles en dehors de Genève par rotation dans une autre région du monde.
Impact négatif
Lundi, les pays occidentaux ont regretté que le Conseil n'ait pas toujours su réagir à des violations systématiques dans le monde. "Cela a eu un impact négatif sur la crédibilité du Conseil", a constaté l'ambassadeur belge Alex Van Meeuwen, au nom de l'Union européenne (UE).
La capacité du Conseil à se réunir à tout moment pour examiner de sérieuses violations doit être améliorée, a plaidé l'UE. L'ambassadeur de France Jean-Baptiste Mattei a proposé un mécanisme de saisie automatique du Conseil en cas de violations graves. Il a aussi critiqué le mode d'élection "problématique" des membres du Conseil.
L'Allemagne a souhaité que l'examen du Conseil soit l'occasion de répondre aux "attentes importantes" du public et des victimes. "Ce serait lui rendre un mauvais service que de le réduire à un débat technique", a plaidé l'ambassadeur Reinhard Schweppe.
Propositions suisses
La Suisse, qui avait organisé une réunion préparatoire le 20 avril à Montreux (VD), a défendu une approche "pragmatique et non politisée". "Il faut améliorer le fonctionnement du Conseil de manière à lui permettre de remplir son mandat de manière plus efficace et d'intervenir rapidement en cas d'urgence", a déclaré l'ambassadeur Jürg Lauber.
La Suisse a notamment proposé la création d'un bureau du président du Conseil doté de davantage de moyens et une amélioration du mécanisme confidentiel de plaintes, dont la quasi-totalité ont été écartées jusqu'ici. Elle a appelé aussi au renforcement du dialogue avec les rapporteurs spéciaux et à des ajustements de l'examen périodique universel (EPU) de tous les Etats.
L'ambassadrice de Norvège Bente Angell-Hansen a dénoncé "une insuffisance fondamentale" liée à "la sélectivité" du Conseil qui "choisit les situations d'urgence". "Certaines provoquent une réaction immédiate, d'autres sont passées sous silence", a-t-elle dit.
Israël a saisi la balle au bond et demandé la suppression du point 7, le seul consacré nommément à un pays (l'Etat hébreu) dans l'agenda du Conseil. Son représentant a souhaité "une introspection de bonne foi pour redresser la situation".
Défense du statu quo
Du côté des pays non-alignés, par contre, de nombreuses voix ont défendu le statu quo. La Russie a affirmé que "le Conseil remplit bien ses fonctions", la Chine que "le Conseil marche bien", le Pakistan a préconisé une approche thématique plutôt que centrée sur des pays pour éviter la politisation, l'Egypte a mis en garde contre "l'effondrement d'un équilibre délicat".
Des pays du Sud ont critiqué les rapporteurs spéciaux "qui outrepassent leur mandat". Les Etats-Unis ont indiqué qu'ils s'opposeront fermement à toute tentative visant à nuire à l'indépendance des rapporteurs de l'ONU et du Haut Commissariat.
Le président du Conseil présentera un résumé des débats à l'issue de la première session, vendredi. L'examen du fonctionnement du Conseil devra être terminé en mars pour être ensuite transmis pour approbation à l'Assemblée générale de l'ONU, selon la résolution adoptée en 2006 lors de la création du Conseil.
Source: SDA